L’ergonomie ?

L’ergonomie ?

by perfergo
A QUOI ÇA SERT ?

L’ergonomie est une science, dont l’objet est le travail. « Ergonomos », dérivé du grec ancien, signifie la science du travail : « ergon » pour travail et « nomos » pour règle.

L’ergonomie sert à améliorer simultanément la performance économique et humaine d’une entreprise.

L’analyse extrêmement fine du travail que propose l’ergonome sert à comprendre la logique de l’activité des salariés, confrontés à une organisation qui prévoit leur travail.

De cette compréhension de l’activité de travail, l’ergonome créera avec les acteurs de l’entreprise les conditions du travail (espaces, outils, organisations), produisant la santé, la sécurité, la fiabilité, la productivité, la rentabilité, bref, la performance de l’entreprise.

« La santé est une condition de la performance, la performance est une condition de la santé ». (Pierre FALZON)

COMMENT ÇA MARCHE ?

Comprendre les enjeux de l’entreprise (une vision globale)

L’ergonome consultant se saisira du contexte général de l’entreprise, de son histoire, de ces enjeux, de son organisation, de ses objectifs, car on ne peut comprendre le travail sans comprendre les intentions de ceux qui l’organise.

Différencier le travail réel du travail prescrit (vision micro)

Le travail se prévoit et s’organise en amont, en termes de tâches, de quantités, de qualités, de consignes, de règles…, nous l’appelons le travail prescrit (figure 1). Mais, puisqu’on ne peut pas tout prévoir, toutes sortes d’imprévus viennent s’ajouter au travail prescrit. Alors, le salarié régule, anticipe, s’adapte à la situation. Nous l’appelons le travail réel (figure 2). La connaissance de ce travail réel invisible et sa reconnaissance, seront le point de départ pour améliorer et concevoir les conditions du travail (les espaces, les outils et l’organisation).

Puisqu’on ne peut tout voir du travail réel, l’ergonome procède à des carottages ou des sondages (figure 3) de certaines séquences d’une journée de travail pour les décrypter et les analyser. On y verra donc des régulations, des anticipations, des savoir-faire, des tours de main, mais aussi du travail empêché par un espace, un outil ou une organisation inadéquate…

La métaphore de l’iceberg ci-dessous explique bien que le travail réel, bien qu’invisible, équilibre l’ensemble du travail prescrit/réel (figure 4).

Cet équilibre est à préserver par un prescrit qui autorise des marges de manœuvres, favorisant l’adéquation quantité et qualité, notamment en prenant en compte la singularité du travailleur qui ne peut être prisonnier d’une prescription standardisée.

Autrement dit, on voit dans le travail réel des ressources développées par le travailleur, pour faire face aux contraintes matérielles, organisationnelles ou personnelles. Ces ressources ou expériences, sont le fruit de la créativité humaine et la richesse de l’entreprise. Elles seront, en toute logique et impérativement à prendre en compte pour concevoir les espaces de travail, l’organisation du travail, les outils…

Le but d’une analyse ergonomique du travail, n’est pas de retranscrire tout le travail réel dans une prescription, car c’est impossible, mais plutôt, puisqu’on ne peut pas tout prévoir, d’envelopper le travailleur dans une organisation et un environnement facilitant la création de ressources pour faire face aux aléas.

Différencier le « réel » du « prescrit » permet aussi de comprendre les disfonctionnements organisationnels ou techniques provocant l’inefficacité, les accidents, le mal-être au travail, l’absentéisme…

 

L’humain au travail

Le travailleur mobilise simultanément son corps biomécanique, son système cognitif (mémoire et raisonnement…) et son psychisme (émotion, valeur…). Un geste, aussi simple soit-il, d’apparence biomécanique est toujours pensé, donc subjectif.

Cette mobilisation se situe dans un environnement social et dans un conflit de logique entre l’objectivité d’une technostructure gestionnaire prévoyant le travail et la subjectivité du salarié qui devra réguler les imprévus.

Procédures, normes, modes opératoires, consignes …

Anticipations, régulations, tour de main, trucs et astuces, savoir-faire, stratégies d’évitement du danger et économie du physique, coopérations …

 

Comment l’ergonome voit ce que l’ouvrier, le manager, le chef d’entreprise, l’ingénieur, l’architecte ne voient pas :

 

Par des observations très fines, pendant l’activité réelle de travail, à l’aide de photos, de vidéos et des entretiens, l’ergonome montre ce qu’aucun acteur de l’entreprise ne voit. L’ergonome découvre des attitudes, des postures, des trajectoires, des logiques de travail, dont le travailleur n’a lui-même pas conscience. Un regard extérieur à l’entreprise et neutre favorise une observation pertinente.

Un salarié d’une entreprise (cadre ou ouvrier) a une perception limitée de son propre travail réel ou de celui de ses collègues : environ 15 %, alors que l’ergonome en montre 80%. C’est la précision de l’observation avec son analyse pertinente qui feront la réussite d’une transformation, rendant des projets possibles.

Il faut parfois plusieurs jours pour analyser une séquence vidéo d’une heure de travail. Une heure d’entretien est toujours enregistrée, retranscrite puis analysée, prenant une demi-journée de travail d’un ergonome. Cette qualité d’observation et d’analyse fait la force et la crédibilité de cette discipline.

L’étude ergonomique est un investissement dont les retours garantissent la pérennité de l’entreprise.

QUEL EST LE PROCESSUS D’INTERVENTION

L’ergonomie est un outil, un fil conducteur dans la démarche de transformation d’une situation de travail non performante ou pathogène en une situation de travail performante et « capacitante ».

La « démarche ergonomique » se compose d’une observation du travail réel et de son analyse. Celle- ci permettra de construire un diagnostic et des recommandations. Enfin, l’étape finale sera la co- construction (conception) avec les futurs utilisateurs, d’un nouvel espace de travail, d’une nouvelle organisation, ou d’un nouvel outil.

L’ergonomie, est-ce rentable, est-ce que ça marche toujours ?

L’ergonomie se nourrit de physiologie, de psychologie, d’anthropologie, de sociologie, de philosophie. Les sciences sociales sont donc très présentes en ergonomie et soulignent le caractère contingent et non déterminé du travail humain.

Pour rassurer, tout bon cartésien, décidant d’investir dans une intervention ergonomique, il est scientifiquement prouvé qu’en respectant toutes les étapes de l’intervention, la productivité et la qualité augmentent, la santé des travailleurs est préservée, l’absentéisme, les accidents de travail et les risques diminuent et enfin l’image de l’entreprise est valorisée …

Pour que votre projet de changement soit une réussite :

L’échec d’une intervention vient souvent d’une construction de solution menée par l’entreprise elle- même, seule, sans la participation de l’ergonome. En effet, cette partie de l’intervention (après le diagnostic ergonomique) est trop souvent considérée comme la spécialité du management participatif pouvant se traiter en interne.

Or, la présence de l’ergonome à ce stade est décisive, car il ou elle portera le point de vue du travail réel (les fines observations des situations réelles du travail), trop souvent oublié durant la co- construction. De plus, la participation de l’ergonome, par une posture neutre, assure la libre parole des participants en effaçant les jeux de posture.

L’ergonome apporte des pistes de solution, non des solutions toutes faites, pourquoi ? :

Le travailleur étant l’expert de son poste de travail, sa participation compte dans l’élaboration de la solution, d’une part et d’autre part, son adhésion au projet de transformation en dépend. L’ergonome ne peut apporter de solutions standards, car chaque entreprise est unique et chaque salarié est singulier.

Top