L'ergonomie :

Comment ça marche ?

L'ergonomie :

Comment ça marche ?

by perfergo
COMMENT ÇA MARCHE ?

Comprendre les enjeux de l’entreprise (une vision globale)

L’ergonome consultant se saisira du contexte général de l’entreprise, de son histoire, de ces enjeux, de son organisation, de ses objectifs, car on ne peut comprendre le travail sans comprendre les intentions de ceux qui l’organise.

Différencier le travail réel du travail prescrit (vision micro)

Le travail se prévoit et s’organise en amont, en termes de tâches, de quantités, de qualités, de consignes, de règles…, nous l’appelons le travail prescrit (figure 1). Mais, puisqu’on ne peut pas tout prévoir, toutes sortes d’imprévus viennent s’ajouter au travail prescrit. Alors, le salarié régule, anticipe, s’adapte à la situation. Nous l’appelons le travail réel (figure 2). La connaissance de ce travail réel invisible et sa reconnaissance, seront le point de départ pour améliorer et concevoir les conditions du travail (les espaces, les outils et l’organisation).

Puisqu’on ne peut tout voir du travail réel, l’ergonome procède à des carottages ou des sondages (figure 3) de certaines séquences d’une journée de travail pour les décrypter et les analyser. On y verra donc des régulations, des anticipations, des savoir-faire, des tours de main, mais aussi du travail empêché par un espace, un outil ou une organisation inadéquate…

La métaphore de l’iceberg ci-dessous explique bien que le travail réel, bien qu’invisible, équilibre l’ensemble du travail prescrit/réel (figure 4).

Cet équilibre est à préserver par un prescrit qui autorise des marges de manœuvres, favorisant l’adéquation quantité et qualité, notamment en prenant en compte la singularité du travailleur qui ne peut être prisonnier d’une prescription standardisée.

Autrement dit, on voit dans le travail réel des ressources développées par le travailleur, pour faire face aux contraintes matérielles, organisationnelles ou personnelles. Ces ressources ou expériences, sont le fruit de la créativité humaine et la richesse de l’entreprise. Elles seront, en toute logique et impérativement à prendre en compte pour concevoir les espaces de travail, l’organisation du travail, les outils…

Le but d’une analyse ergonomique du travail, n’est pas de retranscrire tout le travail réel dans une prescription, car c’est impossible, mais plutôt, puisqu’on ne peut pas tout prévoir, d’envelopper le travailleur dans une organisation et un environnement facilitant la création de ressources pour faire face aux aléas.

Différencier le « réel » du « prescrit » permet aussi de comprendre les disfonctionnements organisationnels ou techniques provocant l’inefficacité, les accidents, le mal-être au travail, l’absentéisme…

L’humain au travail

Le travailleur mobilise simultanément son corps biomécanique, son système cognitif (mémoire et raisonnement…) et son psychisme (émotion, valeur…). Un geste, aussi simple soit-il, d’apparence biomécanique est toujours pensé, donc subjectif.

Cette mobilisation se situe dans un environnement social et dans un conflit de logique entre l’objectivité d’une technostructure gestionnaire prévoyant le travail et la subjectivité du salarié qui devra réguler les imprévus.

Comment l’ergonome voit ce que l’ouvrier, le manager, le chef d’entreprise, l’ingénieur, l’architecte ne voient pas :

Par des observations très fines, pendant l’activité réelle de travail, à l’aide de photos, de vidéos et des entretiens, l’ergonome montre ce qu’aucun acteur de l’entreprise ne voit. L’ergonome découvre des attitudes, des postures, des trajectoires, des logiques de travail, dont le travailleur n’a lui-même pas conscience. Un regard extérieur à l’entreprise et neutre favorise une observation pertinente.

Un salarié d’une entreprise (cadre ou ouvrier) a une perception limitée de son propre travail réel ou de celui de ses collègues : environ 15 %, alors que l’ergonome en montre 80%. C’est la précision de l’observation avec son analyse pertinente qui feront la réussite d’une transformation, rendant des projets possibles.

Il faut parfois plusieurs jours pour analyser une séquence vidéo d’une heure de travail. Une heure d’entretien est toujours enregistrée, retranscrite puis analysée, prenant une demi-journée de travail d’un ergonome. Cette qualité d’observation et d’analyse fait la force et la crédibilité de cette discipline.

L’étude ergonomique est un investissement dont les retours garantissent la pérennité de l’entreprise.

Top